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Commercial a 71 ans

Je suis parti à la rencontre d’un homme d’exception. Destin hors du commun pour ce septuagénaire besogneux. Artisan-commerçant, Boulanger-Pâtissier pendant plus de 40 ans, la retraite a sonné comme une deuxième carrière professionnelle, pour ce féru de cuisine. Depuis 2005, il officie comme VDI pour une marque de robot culinaire (pas de pub)…
La passion est le moteur de ses résultats. Il ne vend pas, il conseille ; il ne blablate pas, il distille ; il n’argumente pas, il écoute et répond à vos besoins ; pas étonnant qu’il soit un performer !
Pourtant rien ne le prédestinait à embrasser la fonction de commercial, sa vie à lui, se passait dans son fournil et son laboratoire, plus de 15h par jour ! Herculéen est aussi un mot qui lui va à la perfection. Il a effectué son service militaire dans les Paras, il fut à 25 ans, vice-champion de France de Joute. A 45 ans, un cancer le mit à l’épreuve, il en sortira vainqueur par le refus de la douleur, le refus total de se laisser détruire. Après chaque séance de chimiothérapie, il enfilait son tablier et retournait bosser dès sa sortie du VSL…

Qui est cet homme forçant l’admiration ?

André PLASSE

Acteur Vente : « André PLASSE, bonjour et merci de me recevoir chez vous. 40 ans en tant qu’artisan-commerçant, cela ne vous suffisait pas ? »
André PLASSE : Je suis un actif et le serai toujours. J’ai été élevé dans la culture du travail et du labeur. Lors de ma première carrière professionnelle, j’ai entrepris, eu jusqu’à 2 boulangeries-pâtisseries, développé une activité de traiteur après avoir été élève de l’école Lenôtre à de nombreuses reprises. Aujourd’hui, c’est mon activité de représentant, j’adore et ne changerais pour rien au monde.

AV : « Votre passion incommensurable pour la cuisine, est-elle la raison principale de votre seconde vie professionnelle ? »
AP : Oui ! J’avais acquis un robot culinaire de la marque que je représente aujourd’hui avant de cesser mon activité et la retraite arrivée, j’ai tout de suite voulu prendre part à l’aventure et devenir représentant. Nous en sommes aujourd’hui à notre dixième année de collaboration…

AV : « Comment devient-on vendeur, qui plus est performant, à un âge où d’autres profitent d’une retraite paisible ? »
AP : La passion pour le produit avant tout. L’amour de la cuisine conjugué avec la technologie d’aujourd’hui, m’ont convaincu à me lancer dans cette belle aventure.

AV : « Comment se sont passées les premières années de vendeur, sans avoir suivi aucune formation commerciale auparavant ? »
AP : La première année a été assez difficile. J’ai suivi des formations commerciales en interne en étant un élève appliqué, il n’y a pas d’âge pour apprendre… Les résultats sont venus assez rapidement, les formations m’ont aidé, c’est certain, mais j’étais tellement passionné par mon produit, que mon enthousiasme a été ma première arme de vente… Les formations m’ont permis de me structurer.

AV : « Dévoilez-nous vos techniques de vente ! Comment prospectez-vous ? Quelles sont vos techniques pour conclure une vente ? »
AP : L’amour de mon métier avant tout ! Je réponds à tous les besoins de mes clients, leurs intérêts sont les miens. Je suis un adepte de la pratique, je montre et démontre pour répondre à leurs questions. Je ne fais jamais de grande phrase, j’écoute et associe mes clients à la démonstration, à l’utilisation du produit, ainsi ils ont une réponse pratique qui reste ancrée dans leur esprit.
Bizarrement, je ne prospecte pas ou très peu. J’ai construit un joli portefeuille de clients depuis 10 ans et le bouche à oreille constitue 80 % de mes ventes, les 20 % restant, sont dues à des rencontres lors de mes moments de détente (club de marche, associations diverses…). En fait, bon nombre de mes premiers clients, sont des anciens clients de mes activités précédentes. Il est fréquent que l’on m’appelle directement pour une démonstration de la part d’untel ou untel.
Je n’ai pas de réelles techniques pour conclure, je demande simplement au client, au moment opportun. Je traite les objections comme il se doit. Si j’ai bien fait mon travail de démonstration et d’argumentation, j’obtiens généralement la commande au premier rendez-vous. Je ne mets aucune pression, ce n’est pas mon style du tout.

AV : « A 71 ans, quels sont vos objectifs professionnels ? »
AP : Je veux continuer à partager ma passion le plus longtemps possible. Je n’ai aucune limite. Je me vois bien encore commercial à 80 ans passés ! Tant que la santé va, tout va ! Mais aussi le mental, le mental est la clé de tout accomplissement.

AV : « Quel regard portez-vous sur l’évolution du commerce, du business, de la cime de vos cinquante années d’expérience ? »
AP : On vit dans un monde qui nous dépasse, tout va très vite. J’ai dû me mettre à internet pour des raisons professionnelles, j’avoue que ce n’est pas trop ma tasse de thé. Ma femme m’épaule merveilleusement à ce niveau, elle adore cela, elle a suivi des formations informatiques.
On a dégradé la qualité, la valeur des produits au fil des années, au profit de la rentabilité, de la quantité. Par exemple, pour l’alimentation, je travaille toujours avec des produits frais, j’ai affreusement de mal avec les produits longue conservation et congelés… J’aime la bonne bouffe, pas la malbouffe, j’aime l’odeur du frais, que les papilles gustatives soient en émoi. Maintenant on est capable de produire pour pas cher mais à quel prix…
Quant au commerce, tenir une entreprise aujourd’hui est vraiment délicat, toujours plus taxé, la France est la championne des taxes en tous genres, c’est incroyable ! Déjà à mon époque, on se plaignait des charges, alors maintenant…

AV : « Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui démarre dans la vie active ? »
AP : De vivre leurs ambitions, pas de les rêver ! Si vous avez une passion, soyez un acharné, un besogneux et vous y arriverez ! J’ai « botté les fesses » de pas mal d’apprentis quand j’étais artisan-commerçant, pour leur faire comprendre que seul le travail paie dans la vie !

AV : « Pour terminer, quels sont vos loisirs, vos passions, hormis votre activité de « commercial en cuisine » ?
AP : Je fais partie d’un club de marche, d’une association de lutte contre le cancer, j’aime aussi beaucoup jardiner, recevoir des amis et… cuisiner !

AV : « Merci mille fois pour votre accueil, je vous souhaite sincèrement le meilleur pour la suite de votre carrière. Avant de clore, avez-vous une citation préférée ? »

« Notre métier est le plus beau, n’en doutons pas : encore faut-il pour cela le connaître, le comprendre et l’aimer » – Yves THURIES (Meilleur Ouvrier de France : Pâtissier-Chocolatier-Confiseur-Glacier)

Chers lecteurs, j’espère que vous avez apprécié, ce moment authentique avec cet homme d’exception. Je dois vous avouer une chose… N’avez-vous pas remarqué comme mes écrits avant l’interview transpirés le vécu ? Comme si je connaissais cet homme au final… Eh bien oui, ce MONSIEUR, volontairement vouvoyé, est mon beau-père depuis 33 ans ! Une admiration sans borne pour sa carrière exemplaire, un bosseur acharné. Marche ou crève est sa devise ! Cette interview est un hommage à son parcours, à ce qu’il représente pour nous, fils et beau-fils ! Merci André !

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